Le Quotidien de l'Art

Christophe Herreros : Minimal spectaculaire

Christophe Herreros : Minimal spectaculaire
Christophe Herreros, Mastodonia, 2016.

Après la déconstruction des codes du cinéma dans l’art des années 1990, serait-on en train d’assister à l’émergence d’un rapport renouvelé au cinéma mainstream ? Reconnaissant la puissance spécifique des blockbusters à agir sur le réel, Christophe Herreros, qui a participé au 55e Salon de Montrouge en 2010, n’hésite pas à employer certains ressorts émotionnels et stéréotypes de genre. Un romantisme aride parcourt ses films, explorant le potentiel de la fiction à modifier et faire voyager l’imaginaire des lieux. Il est invité par Lechassis dans le cadre d’une exposition à la galerie Christophe Gaillard, à Paris.

Peut-on regarder un film, n’importe quel film, au-delà de sa narration, de ce qui est dit et figuré, pour tenir compte de ce qui l’excède, de l’intensité propre aux images ? C’était l’invitation de Jean-François Lyotard à regarder le cinéma à travers la notion de « figural » en 1971, sous les bombes de la critique marxiste : le cinéma industriel restait pour cette dernière le bras armé de l’aliénation collective. Depuis, il est devenu commun d’interroger la pertinence d’un panthéon d’« auteurs » construit sur un modèle littéraire – n’importe quel film permet d’explorer l’imaginaire collectif d’une société. Le cinéma participe certes des conflits cherchant à maintenir ou à transgresser des normes sociales, mais cela ne suffit pas à saisir l’action directe des images. Comment l’image peut-elle être pensée indépendamment de tout discours qui l’accompagne ou la justifie ?

Christophe Herreros est un spectateur actif de films blockbuster, mais…

Christophe Herreros : Minimal spectaculaire
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Article issu de l'édition N°1064