Le Quotidien de l'Art

Le musée et son double

Le musée et son double
Pierre Leguillon, « Le musée des erreurs : Barnum », 2015, vue de salle. Musée régional d'art contemporain, Sérignan. Photo : Jean-Christophe Lett. (La grande évasion, 2012).

Prendre ses fonctions à la tête d'une institution en commençant par laisser les clés à un artiste, c'est le geste manifeste de la nouvelle directrice du musée régional d'art contemporain Languedoc-Roussillon. Sandra Patron, qui a dirigé le Parc Saint-Léger, centre d'art contemporain, de 2007 à 2014, accueille à Sérignan « Le musée des erreurs » de Pierre Leguillon, présenté au Wiels à Bruxelles au début de l'année avec pour sous-titre « art contemporain et lutte des classes ».

ous les auspices d'un pionnier de l'industrie du spectacle, célèbre pour ses tournées de Freaks shows, la visite du « Musée des erreurs : Barnum » commence naturellement par un labyrinthe aussi sombre qu'un train fantôme. Il débouche sur un écran suspendu dans le grand sous-sol vide, pour assister à un événement monté en boucle, avec pour seule bande-son le bruit d'un clapet de projecteur. Voie express (2011) est une expérience visuelle liminaire, héritée du cinéma expérimental d'un Paul Sharits à l'ère du diaporama touristique. Dans une succession stroboscopique de photographies traversée par des zones de ralentissement, comme sur les détails anatomiques du Laocoon - l'événement mortel suspendu, fondateur des débats sur la représentation -, il n'est question que de l'exercice du regard : l'antidote au spectacle aveuglant ? Alors le programme est donné.

La collection d'images et d'objets…

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Article issu de l'édition N°823