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Gaîté Lyrique : sans solution de relogement pour les mineurs, l'équipe quitte les lieux

Gaîté Lyrique : sans solution de relogement pour les mineurs, l'équipe quitte les lieux
Une manifestation devant la Gaité Lyrique le 15 février dernier.
Cesar VILETTE/OLA NEWS/SIPA

Depuis le 10 décembre, des centaines de mineurs du collectif des jeunes du parc de Belleville ont trouvé refuge à la Gaîté Lyrique, à Paris, et alertent l'opinion publique, la mairie de Paris, ainsi que la préfecture sur leur situation : créé en septembre 2023, le collectif milite pour le respect de la présomption de minorité pour les jeunes étrangers sans papiers (le statut de mineur non accompagné permet une prise en charge au titre de la protection de l’enfance), l'égalité des droits et des logements dignes. D'avril à juillet 2024, l'occupation de la Maison des Métallos, à Paris également, avait abouti à l'hébergement par la mairie de 230 personnes. Alors que les jeunes étaient environ 200 mi-décembre à occuper la Gaîté Lyrique, leur nombre est monté à 446, selon un décompte effectué le 21 février. Dans un communiqué, les équipes du lieu culturel se disent « acculées », subissant le jeu de ping-pong entre la mairie et l'État qui se renvoient la responsabilité, incapables de trouver une solution commune pour loger ces adolescents. Le 13 février, le juge des référés – saisi par la mairie de Paris, propriétaire du théâtre – ordonnait aux occupants de « libérer, dans le délai d'un mois, les locaux qu'ils occupent depuis décembre 2024 », ne leur reconnaissant pas le statut de mineurs. La société gestionnaire de l'établissement culturel – Gaîté Lyrique SAS – a indiqué à la mairie de Paris, dans un courrier daté du 25 février, qu'elle suspendrait, à compter du 28 février, le contrat de concession qui les lie si aucune solution de relogement n'était proposée. Ses équipes « seront contraintes de quitter le bâtiment et de suspendre l'exécution des contrats des prestataires en charge de la sécurité incendie, de la sûreté, de l'hygiène et de la propreté, de la maintenance, de la collecte des déchets, (et) appellent à l'aide en vain face à une occupation (qu'elles subissent) et une situation humaine indigne ». Contactée par L'Hebdo, Léa Filoche, adjointe à la maire de Paris en charge notamment des solidarités et de l'hébergement d'urgence, insiste sur « la situation sociale et sanitaire complexe des jeunes qui occupent le lieu », sans pour autant communiquer de potentielle solution, et pointe le fait que « la question de l'hébergement relève d'une compétence de l'État », qui ferait preuve d'un « grave désengagement en matière de prise en charge des publics à la rue », avant de conclure : « On a essayé de pallier, mais là on est dépassé. » Une tribune « Pourquoi il faut soutenir la Gaîté Lyrique », signée par plus de 300 personnalités de la culture et de la politique (notamment Dominique Gonzalez-Foerster, Bruno Julliard et Françoise Nyssen), a été publiée ce 27 février dans Télérama.

Les mineurs isolés qui occupent la Gaité Lyrique à Paris.
Les mineurs isolés qui occupent la Gaité Lyrique à Paris.
ROMUALD MEIGNEUX/SIPA.

Article issu de l'édition N°2998