En tant qu'artiste nigérian, comment avez-vous fait face aux tensions entre les idéaux artistiques européens issus du colonialisme et les traditions et pratiques autochtones ?
Le programme du Nigerian College of Arts de Zaria, où j'ai été admis en 1957, était similaire à celui de n'importe quelle école britannique, car nos enseignants venaient pour la plupart de Grande-Bretagne (dont le Nigeria a proclamé son indépendance en 1960, ndlr). Or, certains d'entre nous n'étaient pas satisfaits, car ce qui était enseigné n'avait rien à voir avec notre culture. On nous enseignait les techniques occidentales, qui étaient assez bonnes, et qu'on appliquait. Mais avec le groupe d'étudiants qu'on a constitué, la Zaria Art Society, on a décidé de prendre du matériel dans les classes et d'organiser des réunions pour discuter de ce qu'on estimait nécessaire pour compléter nos connaissances, notamment en ce qui concernait les traditions locales. On avait ainsi un double engagement : à la fois acquérir les techniques occidentales et les utiliser pour exprimer ce qui constituait notre culture.
Comment le concept de « synthèse naturelle » décrit dans le manifeste de la Zaria Art Society a-t-il influencé votre approche de l'art ?
Au moment où nous sommes entrés à Zaria, le sentiment de notre identité et de notre personnalité était déjà bien…