Le Quotidien de l'Art

Bruce Onobrakpeya : « Nous devons enseigner aux jeunes artistes que l'art doit élever les communautés »

Bruce Onobrakpeya : « Nous devons enseigner aux jeunes artistes que l'art doit élever les communautés »
Bruce Onobrakpeya.
Bruce Onobrakpeya Foundation.

Bruce Onobrakpeya, né en 1932, fait partie des artistes dont l'œuvre a contribué à façonner l'identité du Nigeria pendant sa transition vers l'indépendance, au tournant des années 1960, notamment au sein de la Zaria Art Society. La carrière d'Onobrakpeya, maître de la gravure, s'étend sur plus de 70 ans. De la peinture à la sculpture, en passant par l'installation et l'illustration de nombreux ouvrages de la littérature africaine, sa pratique incarne la notion d'émancipation culturelle et combine mythes, contes populaires, philosophie, religion et spiritualité pour manifester des idées qui restent encore pertinentes aujourd'hui. En ce sens, Bruce Onobrakpeya a su démontrer la capacité de l'art à susciter à la fois un sentiment d'identité propre et à motiver le changement. Exposé à la biennale de Dakar, au High Museum of Art d'Atlanta ou au National Museum of African Art de Washington, mais encore largement méconnu en France, il exerce sur le continent africain une immense influence sur la jeune génération. Entretien avec l'artiste de 92 ans à l'Harmattan Workshop, atelier-résidence qu'il a fondé à Agbarha-Otor, dans le sud du Nigeria.

En tant qu'artiste nigérian, comment avez-vous fait face aux tensions entre les idéaux artistiques européens issus du colonialisme et les traditions et pratiques autochtones ?

Le programme du Nigerian College of Arts de Zaria, où j'ai été admis en 1957, était similaire à celui de n'importe quelle école britannique, car nos enseignants venaient pour la plupart de Grande-Bretagne (dont le Nigeria a proclamé son indépendance en 1960, ndlr). Or, certains d'entre nous n'étaient pas satisfaits, car ce qui était enseigné n'avait rien à voir avec notre culture. On nous enseignait les techniques occidentales, qui étaient assez bonnes, et qu'on appliquait. Mais avec le groupe d'étudiants qu'on a constitué, la Zaria Art Society, on a décidé de prendre du matériel dans les classes et d'organiser des réunions pour discuter de ce qu'on estimait nécessaire pour compléter nos connaissances, notamment en ce qui concernait les traditions locales. On avait ainsi un double engagement : à la fois acquérir les techniques occidentales et les utiliser pour exprimer ce qui constituait notre culture. 

Comment le concept de « synthèse naturelle » décrit dans le manifeste de la Zaria Art Society a-t-il influencé votre approche de l'art ?

Au moment où nous sommes entrés à Zaria, le sentiment de notre identité et de notre personnalité était déjà bien…

Bruce Onobrakpeya : « Nous devons enseigner aux jeunes artistes que l'art doit élever les communautés »
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Article issu de l'édition N°3013