Près d’un millier de projets de restauration du patrimoine pour lesquels la Fondation a levé des fonds depuis sa création n’ont pu aboutir pour des raisons diverses et variées allant de l’alternance politique au départ du porteur de projet d’une association. Depuis 2015, une clause prévoit la possibilité de réaffecter les dons si le projet n’était pas mené à bien. En revanche, les sommes récoltées avant cette date et non utilisées, soit 10 millions d’euros, sont immobilisées. Dans le cadre du projet de loi visant à moderniser l’institution en lecture au Parlement, un article visait à simplifier la réaffectation de cette manne. Hélas, l’Assemblée, jugeant le texte anticonstitutionnel car irrespectueux des intentions des donateurs, a retoqué la proposition. Sans solution légale structurelle, la Fondation n’a d’autres perspectives pour réallouer cette somme que de solliciter chacun des porteurs de projets concernés pour leur demander l’autorisation d’utiliser les fonds non distribués. « Nous sommes garants de la bonne utilisation des dons versés à la Fondation, explique Alexandre Giuglaris, secrétaire général de la Fondation. Nous sommes confiants sur la possibilité d’utiliser cette somme à moyen terme pour d’autres projets locaux. Cela sera simplement beaucoup plus long que prévu. » Si le montant accumulé surprend, il témoigne toutefois de la rigueur de la Fondation qui ne verse les dons qu’une fois les projets achevés, garantissant ainsi la destinée des sommes offertes.
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