Sarah Hugounenq_Quelle est la spécificité canadienne de la gestion des musées ?
Nathalie Bondil_Tout s’explique par le système de la gouvernance. Le musée des beaux-arts [de Montréal] est une structure privée. Toutefois, je n’aime pas utiliser ce mot « privé », car en tant que français, nous le comprenons comme relatif au profit, et non comme une association non lucrative. Le Québec dispose d’un modèle hybride où existe un ministère de la Culture, ce que j’apprécie en tant que Française, tandis que le musée est géré à l’américaine. Il est chapeauté par un conseil d’administration qui s’assure de l’éthique et de la cohérence de ses choix, et de la santé des finances. Il est composé de bénévoles qui s’impliquent à long terme, et non d’énarques qui changent à chaque alternance politique. Certains membres dont le président sont nommés par le ministère, ce qui garantit son indépendance sans que ces personnalités ne soient dotées du pouvoir régalien de l’État. Cette configuration fait que l’engagement de la société civile est fondamental dans les missions du musée. Nous sommes portés par les ambitions de la société. Nous ne sommes pas l’expression d’une volonté gouvernementale, issue d’un programme étatique.
Pourtant, en France, les établissements publics sont également chapeautés par des conseils d’administration...
En France, son rôle est mal perçu. Le conseil…