Depuis 2002, à l’initiative de l’Institut pour les savoir-faire français (ancien INMA), les Journées des métiers d’art (JEMA) – étendues à l’Europe en 2012 – favorisent chaque année (à l’exception de la période Covid, en 2020 et 2021) le développement des contacts avec le public autour des 281 métiers d’art, répertoriés suivant 16 domaines d’activité, avec une grande diversité d’entreprises, de la structure unipersonnelle à la manufacture de luxe en passant par les PME. Quoi de plus pédagogique et incitatif que la vision d’un artisan d’art au travail, concept au cœur de ces JEMA ? Le secteur continue pourtant de souffrir d’un manque de considération et de visibilité. « Les professionnels des métiers d’art dans les territoires ont à faire face à une méconnaissance par le public des contraintes de production et de la valeur des produits uniques ou en petite série qu’ils créent. En outre, beaucoup d’entreprises ont des difficultés à recruter, généralement liées à la méconnaissance des métiers, à la localisation des bassins d’emploi et aux rémunérations parfois peu attractives, analyse Philippe Huppé, président, jusqu’en janvier dernier, de l’association nationale Ville et métiers d’art (fondée en 1992), auteur de deux rapports sur les métiers d’art (2018 et 2022) et, plus récemment, sur les indications géographiques des produits industriels et artisanaux (IG PIA). Aussi, les JEMA, seul moment fédérateur national qui valorise la pratique des ateliers d’artisans d’art, leur offrent-elles une visibilité inédite. Elles sont une vitrine active qu’il nous faut préserver. »
Deux fois moins d'événements
Constat similaire à Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, créatrice de la première résidence métiers d’art en France, et de la Biennale des métiers d’art qui, en septembre dernier, après huit ans d’absence, a rassemblé plus de 2 200 visiteurs et une quarantaine d’artisans d’art…