Une foire d’art contemporain autrefois (il n’y a pas si longtemps, en réalité), c’était un alignement de stands où les galeristes attendaient patiemment le passage des collectionneurs. La concurrence exacerbée – les statistiques font état de près d’une foire par jour à travers le monde – a imposé aux leaders d’adapter sans cesse leur modèle. Art Paris, née à la fin du XXe siècle, peut bien se compter parmi ces rendez-vous de référence, qui sont soumis à une rude tâche de renouvellement pour ne pas se faire dépasser par des acteurs émergents. Cette année, la nouveauté, c’est évidemment le retour au Grand Palais. Outre la dimension symbolique, c’est un bol d’oxygène en termes d’espace et d’exposants, plus nombreux (170, soit une augmentation de 25 %) et plus à leur aise. Mais cela ne suffirait pas à assurer le glamour de la foire. Si elle séduit de nouveaux participants, dont Sabrina Amrani, Wilde ou lange + pult, c’est qu’elle a su à la fois creuser son sillon (avec un mot d’ordre plutôt original, régionalisme et cosmopolitisme, et une exploration fouillée de la scène française), mais aussi le dynamiser. Elle a diversifié les approches thématiques (en 2025, irruption du design, des jeunes galeries et d’un parcours « métissage et hybridation » qui ne ferait pas l’affaire de l’actuelle administration américaine !), multiplié les prix ou les partenariats débouchant sur des expositions (avec la Villa Hegra, par exemple). Art Paris n’est certes pas la seule à imaginer de nouvelles pistes. Mais c’est un laboratoire intéressant, à portée de main, qui montre que la « fin de l’histoire » que d’aucuns prédisaient pour les foires (comme en tant d’autres domaines) n’est pas une fatalité...