L'annuelle semaine du dessin à Paris est l'occasion de remettre plusieurs prix. Le prix Drawing Now a distingué le 26 mars l'Espagnole Susanna Inglada (galerie Maurits van de Laar), née en 1983 et diplômée de l’académie Willem de Kooning de Rotterdam, l’institut Frank Mohr de Groningue aux Pays-Bas et l’HISK de Gand. Ses œuvres à la dimension théâtrale « mettent en scène la grande diversité de pratiques du dessin contemporain, qui s'émancipe du traditionnel fusain et crayon », précise Carine Tissot, directrice du salon Drawing Now. Inspirés des récits visuels foisonnant de détails de Paula Rego, Goya et William Kentridge, les œuvres de Susanna Inglada invitent à une immersion dans un monde de visages et de corps enlacés, bien souvent en vol. « Mon travail explore le pouvoir, l’autorité, la corruption et l’inégalité entre les sexes. Avec mes dessins collages, je crée des installations théâtrales et immersives où le spectateur devient partie d’un narratif complexe, où les distinctions entre oppresseur et opprimé s’estompent », détaille l'artiste, qui obtient une dotation de 5 000 euros, ainsi que 10 000 euros d’aide à la production pour une exposition solo de trois mois au Drawing Lab et l’édition d’un catalogue monographique. Le lendemain, le prix du dessin contemporain de la fondation Daniel & Florence Guerlain, créé en 2007, était remis, au Salon du dessin, à l'Irlandaise Alice Maher, née en 1956. La lauréate, à qui revient une enveloppe de 15 000 euros et dont une œuvre est offerte par la fondation Guerlain au cabinet d’art graphique du musée national d’art moderne, était en lice avec le Belge Gideon Kiefer, né en 1970, et l’Italien Ettore Tripodi, né en 1985, qui reçoivent tous deux 5 000 euros. Les dessins d'Alice Maher présentés sur le stand de la fondation Guerlain montrent des personnages féminins aux visages effacés, mais aux chevelures volumineuses, formant comme des montagnes tressées et enroulées. Rappelant les contes et les mythologies folkloriques, ils font écho aux œuvres plastiques de l'artiste, à l'instar de son installation Keep (1992), un filet tressé de cheveux humains exposé durablement à Belfast et à Cork.

Courtoisie de l’artiste et de la galerie Maurits van de Laar.

DR.

© The Artist, courtesy of Purdy Hicks Gallery.

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